Une enquête-choc menée par Le Monde et Radio France1 met à jour un véritable scandale : d’importants producteurs d’eau en bouteille, incluant Nestlé Waters, utilisent des techniques de purification interdites pour dissimuler des contaminations dans les eaux de source et minérales.
Sous le prétexte fallacieux d’être « plus pure », « plus saine », et « recommandée pour les bébés », ces eaux, vendues à des prix 100 fois plus élevés que l’eau du robinet, sont loin d’être aussi irréprochables qu’annoncé. Une étude américaine, publiée dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences le 8 janvier dernier, révèle déjà la présence de près de 240 000 fragments de micro et nanoplastiques par litre dans différentes marques.
Le Monde et Radio France1 révèlent désormais que des marques majeures, dont Nestlé Waters, ont délibérément utilisé des méthodes de purification interdites pour camoufler des contaminations. Environ 30 % des marques sont touchées, faisant de Nestlé Waters, avec ses marques emblématiques telles que Vittel, Contrex, Hepar, et Perrier, le principal coupable.
Nestlé Waters a admis ces manquements lors d’une réunion confidentielle avec le ministère de l’Industrie en août 2021, mais le gouvernement français n’a pris aucune mesure juridique, laissant ainsi les consommateurs dans l’ignorance de la provenance de ses eaux prétendument issues de sources pures non contaminées.
Cette affaire a débuté avec des dénonciations d’anciens employés d’Alma (entreprise propriétaire des marques Cristaline, St-Yorre, Chateldon, Vichy Célestins…) mettant en lumière des pratiques frauduleuses telles que des mélanges non autorisés, des injections de sulfate de fer et d’autres manipulations.
Malgré l’absence de sanctions légales, l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) a réalisé une inspection en 2021, révélant que 30 % des marques françaises, avec Nestlé Waters en tête, enfreignaient gravement les règlements en vigueur.
Nestlé Waters prétend avoir corrigé certaines pratiques, mais la microfiltration en dessous de 0,8 micron persiste. Sous la menace de supprimer des emplois, le gouvernement français a cédé et assoupli les règles, malgré les avertissements de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation).
Ce n’est pas seulement un problème de conformité réglementaire, mais une tromperie massive des consommateurs. UFC-Que Choisir annonce une enquête approfondie sur les pratiques de Nestlé Waters, mettant en lumière l’ampleur de cette crise de confiance dans l’industrie de l’eau en bouteille.
Résumé d’un article de l’association UFC-Que choisir, publié le 31 janvier 2024 sur le site www.quechoisir.org.
(1) L’enquête du Monde et l’enquête de Radio France.