Un excès de résidus du fongicide chlorothalonil a été identifié dans l’eau du robinet d’au moins 32 communes de Suisse Romande.
Une enquête participative menée par la RTS et la Fédération romande des consommateurs (FRC) a révélé des dépassements de la norme de 0,1 microgramme par litre pour un résidu du fongicide chlorothalonil dans l’eau du robinet de 32 communes romandes, notamment dans les cantons de Vaud et Fribourg. Malgré ces dépassements, les autorités insistent sur le fait que l’eau reste potable et sans risque pour la santé, car les normes actuelles visent à éliminer toute trace de pesticides, indépendamment de leur toxicité réelle.
Outre le chlorothalonil, d’autres substances comme l’acide trifluoroacétique (TFA), des médicaments et des résidus liés aux modes de vie (crème solaire, par exemple) ont également été détectés. Ces micropolluants reflètent des problématiques à la fois agricoles et urbaines.
L’enquête souligne également un sérieux défaut d’information : 60% des communes interrogées n’ont pas répondu sur la qualité de leur eau, et les données transmises varient fortement en clarté et en détail. Des experts critiquent cette opacité, rappelant que l’accès à ces informations est un droit des citoyens. Cependant, la taille ou les moyens des communes ne semblent pas expliquer ces disparités, certaines petites communes fournissant des informations fiables et détaillées.
Le chlorothalonil, enfer des campagnes
Ce fongicide autrefois répandu dans l’agriculture suisse et interdit depuis fin 2019, laisse un lourd héritage de pollution. Dans des communes comme Montanaire (Gros de Vaud), les résidus détectés dépassent jusqu’à 15 fois les normes autorisées. Ces dépassements obligent les collectivités à assainir leurs réseaux d’eau à grands frais : Montanaire prévoit 23 millions de francs pour des travaux qui entraîneront une hausse importante du prix de l’eau pour les habitants. Certains élus appellent à ce que le principe du pollueur-payeur soit appliqué, pointant la responsabilité de Syngenta.
D’autres produits phytosanitaires interdits, comme le métolachlore, posent aussi problème. À Vully-les-Lacs, la source principale d’eau potable a été fermée en raison de résidus quatre fois supérieurs à la norme. La commune a investi près de 10 millions de francs pour moderniser ses infrastructures et répondre aux exigences de qualité. Malgré ces efforts, les causes de certaines contaminations restent mystérieuses, notamment dans des zones où l’activité agricole ou industrielle est limitée.
Résumé des propos entendu lors des émissions « A Bon Entendeur » et « On en Parle » du mardi 3 décembre 2024 sur la RTS. Voir la vidéo et les graphiques sur les liens « A Bon Entendeur » et « On en Parle » .